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CORONAS VIRUS – INFORMATIONS LOCATAIRES

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette page se veut être une page d’informations pour les locataires en contexte de COVID-19. Il faut dire que beaucoup de choses évolue rapidement, les dernières informations mises à jour seront donc affichétéléchargementes ici.

INFORMATION GÉNÉRALES SUR LES DROITS DES LOCATAIRES EN CONTEXTE DE PANDÉMIE

La page web du RCLALQ comporte une FAQ mise régulière

ment à jour selon les dernières annonces du gouvernement. (Régie, travaux, visite, paiement loyer, extermination, nettoyage aires communes…) Pour consulter la page, cliquez. ici. 

RÉGIE DU LOGEMENT

La Régie du logement suspend ses audiences et les expulsions de logement tant et aussi longtemps que l’état d’urgence sanitaire sera décrété.

À moins que, pour des motifs exceptionnels, le tribunal ordonne la tenue d’une audience, seules les audiences relatives aux matières soulevant un risque pour la santé ou la sécurité d’une personne et celles concernant l’émission d’une ordonnance d’accès au logement sont maintenues. Vous avez une audience de prévue dans les prochains jours ou les prochaines semaines? Surveillez votre dossier sur le plumitif de la Régie pour savoir si votre audience est reportée (mais sachez que la mise à jour du plumitif peut éprouver des retards en ce moment).

La Régie du logement suspend ses services de renseignement dans leurs bureaux. Toutes les personnes qui donnaient des renseignements en personne aident maintenant à donner des renseignements téléphoniques et à traiter des demandes et des questions en ligne.

Déposer une demande en ligne et par la poste (pour paieRÉGIE DU LOGEMENTment si pas de carte de crédit) pendant l’urgence sanitaire: cliquez ici 

Conclure un bail sans se rencontrer : Il est possible de conclure un bail sans se rencontrer. Comment faire? Cliquez ici .

DÉMÉNAGEMENTS

Vous devez déménager et ça vous inquiète? Vous vous demandez si vos proches peuvent vous aider sans risquer une amende pour rassemblement illégal?

Le gouvernement a émis des consignes pour les déménagements. Pour les consulter, cliquez ici. Les entreprises de déménagement sont considérées comme un service essentiel. Vous pouvez donc y avoir recours sans problèmes. Idéalement, demandez de l’aide des personnes qui habitent avec vous avant de demander de l’aide de l’extérieur. Si vous devez faire appel à vos proches pour vous aider à déménager, assurez-vous de respecter les consignes sanitaires dans la mesure du possible (2m de distance, lavage des mains fréquent, ne pas se toucher le visage, etc.).

Consultez le document COVID-19 : Guide des bonnes pratiques sanitaires à adopter lors d’un déménagement en cliquant ici réalisé par la Société d’habitation du Québec. Ce guide met l’accent sur les mesures de précaution à prendre pour éviter les risques de propagation du virus, avant, pendant ou après le déménagement.

VISITES DE LOGEMENT

Habituellement, la période de recherche de logement est sur le point de débuter. Si vous avez signifié à votre propriétaire que vous comptiez déménager à la fin de votre bail, est-ce qu’il peut vous obliger à faire visiter votre logement même pendant la pandémie ? Vous craignez pour votre santé et votre sécurité, que pouvez-vous faire ?

Le premier ministre François Legault a indiqué dans son point de presse du 24 mars qu’il déconseille aux propriétaires de faire des visites de logements pour respecter les mesures de distanciation sociale. Cette information a été confirmée par la ministre Andrée Laforest et par la Régie du logement.

Pour consulter les mesures de précautions à prendre pour la visite de logement en contexte de pandémie cliquez ici.

PAIEMENT DU LOYER

Si vous éprouvez des difficultés à payer votre loyer en raison d’une perte de revenu ou d’emploi en lien avec la crise de la COVID-19, sachez que les gouvernements du Canada et du Québec ont instaurés plusieurs programmes d’aide. Cet outil en ligne est disponible pour vous aider à déterminer à quel programme d’aide (fédéral ou provincial) vous êtes admissible.

Ce document créé et mis à jour fréquemment par des avocatEs et professeurEs en droit peut répondre à vos questions sur les normes d’emploi à respecter et les différents programmes gouvernementaux d’aide.

Si vous êtes admissibles à un de ces programmes, il est suggéré de remplir une demande en ligne le plus rapidement possible, même si votre employeur ne vous a pas encore fourni votre relevé d’emploi. https://www.lemasse.org/covid-19-et-assurance-chomage/ (pour les questions sur l’assurance chômage), http://www.lecnc.com/membres/ et http://macmtl.qc.ca/groupes-et-ressources/ (pour le groupe chômage le plus près de chez vous qui pourra répondre à vos questions)

Vous pouvez tenter de vous entendre avec votre propriétaire. Les grandes banques canadiennes ont confirmé un report des paiements d’hypothèque pouvant atteindre six mois. Votre propriétaire pourrait donc lui aussi faire preuve de souplesse. Le fait d’avoir moins de revenu de loyer et d’être possiblement en défaut de paiement de l’hypothèque ne mènera pas à  une saisie de l’immeuble par la banque.

Autrement, si vous ne pouvez pas vous entendre avec votre propriétaire ni payer votre loyer, sachez que les audiences en non-paiement de loyer sont suspendues à la Régie du logement et que l’exécution de jugements d’éviction et de reprise de logement est suspendu (voir les 2 prochains points). Pour le moment, votre propriétaire n’a donc aucun moyen légal de vous évincer de votre logement.

Le 29 avril 2020, le Gouvernement du Québec annoncait son plan d’action en habitation en contexte de pandémie. Ce plan comprends deux mesures, l’une d’entre elles concerne le paiement du loyer. Cette mesure se nomme l’Aide au logement pour le paiement du loyer, gérée par la Société d’habitation du Québec (SHQ) consiste à :

  • à offrir un prêt sans intérêt, jusqu’au 1er août 2021;
  • d’un montant maximal de 1 500 $
  • aux locataires qui n’ont pas suffisamment de liquidités pour payer la totalité ou une partie de leur loyer des mois de mai et juin 2020.

Le locataire doit présenter une demande d’aide financière d’ici le 15 juillet 2020.

Pour plus d’informations sur se programme et comment faire une demande : cliquez ici 

À RISQUE D’ÊTRE DANS LOGIS LE 1ER JUILLET ?

Si vous êtes à risque de vous retrouer sans logement le 1er juillet 2020, communiquez avec nous.

Nous vous invitons aussi à communiquez avec le Service de référence de l’OMHM en téléphonant au 514 868-4002. 

SONDAGE LOCATAIRES SANS LOGIS LE 1ER JUILLET

Avant que la crise sanitaire de la COVID-19 frappe le Québec, une importante crise du logement frappait déjà la province. Le contexte actuel complique grandement la situation pour les locataires, que l’on pense par exemple aux pertes de revenus, à la complexité de visiter des logements ou de déménager. Afin d’avoir le meilleur portrait possible des difficultés vécues par les locataires, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec vous invite à remplir ce court sondage et à le partager aux locataires. Notez que des ressources d’aide sont listées à la fin de ce sondage. Pour remplir le sondage : Cliquez ici
Vous êtes locataire et avez un problème ou des préoccupations en lien avec votre logement? Le FRAPRU vous invite aussi à remplir un sondage afin d’avoir un meilleur portrait des difficultés vécues par les locataires. Pour remplir le sondage cliquez ici. 

 

Réactions du CLPMR aux nouvelles mesures de l’arrondissement

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Évictions : un premier pas dans la bonne direction

MONTRÉAL, le 20 mars 2020/CNW Telbec/ — Le Comité logement du Plateau Mont-Royal (CLPMR) salue la décision de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal d’interdire les agrandissements ou les subdivisions de logement pouvant mener à l’éviction de locataires et applaudit la volonté affichée de protéger les maisons de chambres sur le Plateau.

Cliquez ici pour plus de détails.

« Alors qu’une vague sans précédent d’expulsions érode systématiquement le droit au maintien dans les lieux de centaines de ménages du Plateau Mont-Royal, la nouvelle réglementation viendra agir comme un brise-lame freinant l’élan des investisseurs immobiliers pour qui l’éviction est devenue une stratégie d’affaires comme une autre », déclare Vicky Langevin, organisatrice communautaire au CLPMR.

« Il y a des mois que nous réclamons un moratoire sur les émissions de permis justifiant les évictions devant la Régie du logement et nous nous réjouissons que l’arrondissement fasse un premier pas en ce sens, » ajoute-t-elle. Elle souligne cependant que cette année l’effet des mesures réglementaires adoptées par l’arrondissement du Plateau Mont-Royal ne protégera que les locataires dont le dossier n’a pas encore été entendu par la Régie du logement et dont les propriétaires n’ont pas présenté de demande de permis à ce jour.

« Désormais, il sera plus difficile d’évincer en masse les locataires sur le Plateau Mont-Royal en prétextant des projets d’agrandissement ou de subdivision, comme cela se faisait depuis quelques années », se réjouit tout de même Vicky Langevin qui dit attendre de voir quelle sera la portée réelle du règlement et comment il sera mis en œuvre.

Sur un total d’environ 400 cas d’expulsion de locataires documentés sur le Plateau Mont-Royal depuis 2010, le CLPMR a répertorié une centaine de cas d’éviction pour agrandissement ou subdivision, dont près de la moitié ont été rapportés en 2019-2020.

Cliquez ici pour voir l’évolution des cas déclarés d’expulsions sur le Plateau Mont-Royal de 2010 à 2020.

« Ces cas ne représentent que la pointe de l’iceberg, car il ne s’agit que des cas qui nous ont été rapportés et on sait que bon nombre de locataires cèdent aux pressions de leur propriétaire sans avoir recours à nos services », souligne Simon Van Vliet, chargé de projet au CLPMR. Il reste que le phénomène est en pleine expansion dans l’arrondissement, comme en témoigne une analyse cartographique réalisée à partir d’une banque de données sur les cas d’expulsions rapportés depuis dix ans et que l’on retrouve sur le site internet du CLPMR.

« Bien qu’elles connaissent une progression spectaculaire cette année, les évictions pour agrandissement ou subdivision ne représentent qu’une partie de l’ensemble des cas d’expulsion documentés sur le Plateau. Il faut également s’attaquer aux reprises de logement et aux rénovictions* pour endiguer le phénomène des expulsions », souligne Simon Van Vliet.

Au-delà des mesures exceptionnelles mises en place dans le cadre de la crise liée au coronavirus, le CLPMR en appelle au gouvernement du Québec pour qu’il revoie de toute urgence les dispositions du Code civil qui rendent possible l’expulsion de locataires et à prendre des mesures pour restreindre la spéculation immobilière qui est à la source du boom des expulsions résidentielles et de la crise du logement sur le Plateau comme ailleurs.

À propos du Comité logement du Plateau Mont-Royal (CLPMR)
Fondé en 1974, le Comité logement du Plateau Mont-Royal (CLPMR) est une organisation démocratique et autonome qui a pour mission la défense des droits des locataires du Plateau Mont-Royal. Il favorise la création de lieux d’échanges et de mobilisations autour d’enjeux de logement et d’habitation. Le CLPMR fait la promotion du développement du logement social comme alternative au marché privé et soutient activement les locataires dans leurs luttes contre les hausses de loyer, les reprises et les évictions de logement et la salubrité.

SOURCE Comité logement du Plateau Mont-Royal (CLPMR)

Renseignements : Simon Van Vliet, chargé de projet, 514 750-3903; Vicky Langevin, organisatrice communautaire, 438 501-3827

* Le CLMPR entend par rénoviction le fait pour des propriétaires d’utiliser le prétexte des travaux majeurs (Art. 1922 à 1929 du C.c.Q) afin de résilier des baux hors cour. Dans la majorité des cas, les propriétaires :

  • font pression sur des locataires, voire usent de harcèlement afin que les personnes quittent, plutôt que d’être relocalisées temporairement;
  • menacent d’augmenter abusivement les loyers suite aux travaux;
  • offrent des montants d’argent afin de convaincre les locataires de résilier leur bail;
  • ou envoient des avis de non-renouvellement qui ne respectent aucune législation.

L’arrondissement du Plateau Mont-Royal met en place un nouvel encadrement des bâtiments résidentiels

L’arrondissement du Plateau Mont-Royal met en place un nouvel encadrement des bâtiments résidentiels, plus précisément sur la question des évictions et des maisons de chambres. Pour en prendre connaissance : cliquez ici

Plus précisément, il est question d’interdire la subdivision ou la fusion de logements, ainsi que le changement d’affectation pour les maisons de chambres.

Certaines exceptions sont toutefois prévues :

  • La subdivision sera permise lorsque le projet vise à revenir au nombre d’unités d’origine dans un bâtiment (ex : duplex vers triplex d’origine) ou lorsque le projet vise à ajouter une unité dans un espace qui était non habitable (garage, sous-sol, etc).
  • La suppression de logements sera permise pour un duplex transformé en cottage si la superficie maximale de la nouvelle unité fusionnée ne dépasse pas 200 mètres carrés. Il sera aussi permis de transformer un triplex transformé en duplex comme c’est le cas actuellement.

Le CLPMR partagera ses réactions via un communixUpl68D7qué de presse demain matin.

16 au 30 mars: Consultation téléphone / courriel seulement

Étant donné les circonstances, le Comité logement du Plateau doit fermer ses bureaux jusqu’au lundi 30 mars. L’équipe de travail offrira de l’information juridique de base pour les locataires du Plateau via le téléphone et les courriels durant ses deux semaines. Laissez nous un message dans notre vocale (514 527-3497), à notre adresse courriel clplateau@clpmr.com ou même via notre messenger facebook.

Engagez-vous, qu’ils disaient

Par Vincent Gariépy

Il m’a été proposé de réfléchir sur la question de l’engagement/participation citoyenne.   Je traiterai du sujet sous l’angle d’un organisme communautaire de défense collectif des droits qui plus est, d’éducation populaire. Bien que j’aie moi-même une grande expérience de l’implication sociale dans divers milieux, j’ai privilégié une approche plus théorique pour tenter de dépasser la subjectivité expérientielle. Donc je traiterai de la question par le biais de deux penseurs : le premier Paulo Freire (1921-1997) un pédagogue du Brésil et le second sera Yann Le Bossé, professeur titulaire au département des Fondements et pratique en éducation, de l’Université Laval. Il y dirige le laboratoire de recherche sur le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités. Bien que je ne prétende pas avoir consulté l’ensemble des recherches de ces deux philosophes, j’espère en faire ressortir l’essentiel et démontrer l’importance de la participation citoyenne.

Léo Freire : libération par la pédagogie

Léo Freire (1921-1997), Brésilien d’origine, a développé une pédagogie comme moyen de libération, pédagogie critique. Freire jouit de la réputation de fondateur des cours d’alphabétisation et d’éducation aux adultes. Une des bases de la réflexion de Freire se résume par la maxime suivante : « Personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde »[1]. Alors pour Freire il n’a pas de hiérarchie du savoir, mais un échange de connaissances entre l’élève et l’éducateur (groupe ou individu).

L’originalité de la démarche de Paulo Freire peut être résumée en quelques points. Tout d’abord, il ne s’agit pas uniquement d’apprendre à lire et à écrire, il faut aussi apprendre à décrypter le monde qui nous entoure ; selon les propres mots de Paulo Freire, il s’agit de « promouvoir chez le peuple touché par une action éducative une conscience claire de sa situation objective ». Il ne s’agit pas là d’un endoctrinement puisque « le but de l’éducateur n’est plus seulement d’apprendre quelque chose à son interlocuteur, mais de rechercher avec lui, les moyens de transformer le monde dans lequel ils vivent. [2]

Les liens entre cette démarche pédagogique et l’approche des groupes d’éducation populaire semblent évidents. En effet, le savoir des bases militantes devrait être écouté, entendu et mis en action afin de construire un monde meilleur et plus libre. Retenons l’idée d’apprendre de l’ensemble.

 

Yann Le Bossé : libérons-nous par l’action

Yann Le Bossé est d’origine belge, il vit depuis plus de trente ans au Québec. Il est un sociopsychologue et les thèmes qu’il approfondit dans ses recherches sont la psychosociologie des pratiques sociales et éducatives, la psychologie communautaire, les processus fondamentaux et appliqués du développement du pouvoir d’agir (empowerment) des personnes et des collectivités.

Pour démontrer l’approche de Le Bossé je me servirai d’une conférence qu’il a faite en France intitulée : L’approche centrée sur le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités. Une Alternative au travail social?[3]

Il est important de souligner qu’une des prémisses de l’approche Le Bossé est le concept philosophique de l’homme capable (lire l’humain capable) de Paul Ricœur (1913-2005), philosophe Français. L’humain capable se présente par sa capacité à agir pour améliorer sa condition humaine.

 

L’humain capable

Chaque personne a un parcours qui leur est spécifique et certaines problématiques personnelles peuvent en découler : psychologique, santé, éducation, famille, etc. Ce type de problème peut être résolu par des actions concrètes, par exemple voir un spécialiste, psychologue, médecin, éducatrice, avocate ou médiateur familiaux, etc. D’autres problèmes vécus par la personne découlent de systèmes sociaux qui dépassent la personne et souvent même la collectivité. Il en découle un sentiment d’impuissance de faire changer les choses : elle ne peut ni fuir ni se battre.  Ce sentiment d’impuissance est la source de la souffrance de la condition humaine qui peut finir par la détruire.

Prenons exemple les premières nations d’Amérique à qui nous avons enlevé toutes les capacités  d’améliorer leur destinée. Elles finissent par s’autodétruire. L’objectif de l’approche de Le Bossé réside dans le lien à l’action entre un groupe ou individu qui vit des difficultés (a) et un groupe ou individu qui intervient pour aider le groupe (b), c’est le processus et le mouvement de la pédagogie. L’intervention doit se faire pour que le sentiment de puissance soit retrouvé, capacité à faire changer les choses.

 

Retrouvons l’humain capable

Il faut retrouver le goût à l’action, car souvent avec le sentiment d’impuissance arrive une série d’échecs qui détruit le désir de passer à l’action. L’action seule permet de résoudre les problèmes. D’ailleurs, c’est inscrit dans notre langage, par exemple,  à la fin d’un rendez-vous chez le médecin on dit « maintenant qu’est-ce qu’on fait ? » ou « maintenant on fait quoi ?» La question du comment et du quoi démontrent le désir de se mettre en action. C’est en s’activant qu’on se libère sinon on reste sous l’emprise de ce qui nous oppresse : se mettre en action pour changer les choses. On se n’affranchit pas mentalement il faut faire bouger les choses, d’où l’action.

Sur un plan collectif, en redonnant la capacité d’agir aux collectivités et à l’individu on peut par la pratique sociale en intervenant sur le collectif en arriver à une société plus juste où les pouvoirs sont mieux répartis. Il est important de considérer toutes les idéologies et les réflexions, même pour celles qui ne tiennent pas la route. En effet, on doit considérer que certaines personnes pensent ainsi et nous devrons en tenir compte lors de nos actions.

Il ne faut pas oublier que c’est la personne qui est au centre de la démarche. Surtout quand on intervient sur des groupes de personne. Le collectif n’efface pas l’individu.  Le Bossé donne l’exemple dans sa conférence du docteur qui dit à un collègue : « J’ai rencontré une appendicite ce matin » et non pas parlé du patient rencontré, mais bien de la pathologie. Dans cet exemple « l’individu (patient) disparait au profit du collectif (maladie). »

On ne convainc pas un groupe ou individu de la réussite simplement en lui disant «  tu vas réussir ». On les convainc en les mettant en situation de réussite ou encore devant la réussite.

 

Qu’est-ce qu’aider

Il faut ainsi prendre le temps de savoir ce que veut dire le terme aider. En effet, la définition du terme aider va changer selon l’angle d’approche, la profession, notre classe sociale ou notre identité. Ce n’est pas nécessairement lorsque qu’on pense avoir aidé quelqu’un.e qu’il y a eu de la notion réelle d’aide. De plus, ce n’est pas parce qu’une personne nous remercie de notre aide que l’on peut affirmer avoir aidé. Il peut arriver que nous ayons l’intention d’apporter notre aide, mais dans les faits, on a peut-être plus nui à la personne.

Le Bossé a constaté deux modèles d’aide, celui du contrôle social et celui du sauveur.

 

Ni sauveur ni policier

Le premier modèle d’aide est celui du modèle policier, c’est-à-dire de contrôle social. On va créer des quartiers pour les pauvres et d’autres pour les riches pour ne pas que les problèmes des uns envahissent la vie des autres. L’argent est un outil de contrôle contre la passivité et les tricheurs. Pourtant statistiquement il n’a pas plus de personnes passives dans une classe sociale que dans l’autre. Ce cadre policier en est un de contrôle. Fais ce que je te dis et tu seras récompensé.

Le deuxième modèle est celui de l’approche du sauveur, soit une approche de prise en charge des problèmes de la personne ou du groupe qu’on cherche à aider. Ceci a donné lieu à « l’utopie » de l’État-providence. À partir des années 60, on a vu une professionnalisation de l’aide surtout par la médecine. Sauf que l’approche médicale est une approche guerrière. On veut vaincre la maladie. Cette approche cowboy est également technique : il a une méthode, une recette comme solution à chaque problème. Si on applique la bonne méthode, on résoudra le problème.

Dans la pratique sociale, comme il est dit plus haut, les personnes réagissent différemment aux difficultés systémiques et il ne faut pas les forcer à l’action. Non par un cadre policier ou encore moins en prenant en charge ses problèmes. Il faut plutôt renouer le lien à l’action, pour qu’il retrouve l’humain capable donc la puissance d’agir pour améliorer sa condition. Dans l’idéal, il faut que le sentiment de puissance soit assez solide pour qu’il passe à l’action par lui-même. Il s’affranchira d’un support pour l’aider à se mettre de façon autonome à l’action. Le mouvement sera alors restauré et l’humain capable sera retrouvé.

Quelques exemples à ne pas faire pour soutenir l’humain capable

Le conférencier utilise la célèbre métaphore « d’apprendre à pêcher à quelqu’un au lieu de lui donner un poisson ». Il reprend en disant : « donnons-lui un poisson pour qu’il ne meure pas de faim avant de lui apprendre à pêcher. » Ceci signifie que lorsqu’on soutient le développement du pouvoir d’agir d’un groupe ou d’un individu, l’action ne doit pas être conditionnelle, il faut considérer les obstacles naturels à sa réalisation et son épanouissement.

On ne fait pas pousser une fleur en tirant dessus. Par là, l’action ne doit pas être limitée dans le temps et elle doit demeurer volontaire, ce qui  n’est pas le cas dans les programmes institutionnels.

Dans le milieu institutionnel, il y a souvent une formule préétablie de la «  bonne méthode à suivre », peu importe les conditions socio-économiques des personnes. En effet, selon les balises d’intervention gouvernementale il suffit d’appliquer cette méthode et tous nos problèmes seront chose du passé. Si ça ne marche pas, il suffit de recommencer la méthode. Ça me fait penser aux nombreux cours de recherche d’emploi que j’ai déjà faits. Certains programmes de réinsertion sociale et de personnes sans domicile fixe en sont également de bons exemples.

Voici un exemple de « bonne méthode  à suivre » : on donne un logement social étatique pendant trois mois à une personne et pendant ce temps il doit se trouver un logement permanent et un emploi. Plusieurs échouent le programme qu’on ne peut faire qu’une fois. Cette « bonne méthode » prônée et financée par l’État ne prend pas en considération les parcours de vie de personnes qui vivent ces situations difficiles. Ni policier ni sauveur qu’on soulignait tantôt.

Le Bossé met en relief que plus le lien à l’action est brisé et est échelonné dans le temps, plus le rétablir prendra du temps et sera difficile.  Malheureusement trop souvent une aide précipitée ou forcée se traduira en nouvel Échec ENCORE !! Alors la tentative d’aide aura fait plus de tort que de bien.

Il est important de partir de l’expérientiel de l’individu ou de la collectivité auprès desquels on intervient. Il ne faut absolument pas prescrire le problème ni la solution. Prenons l’exemple de l’aide apportée au chômeur, chômeuse si on considère que leur problème est de ne pas travailler. Donc la solution est nécessairement le retour au travail le plus vite possible. Ici l’erreur de cette approche est qu’on prescrit le problème « ne pas travailler » alors on prescrit également la solution, sans considérer les autres barrières du groupe ou de la personne. Par exemple une situation de handicap psychologique ou physique, une blessure, une estime de soi et les connaissances sont d’autant de facteurs qui peuvent freiner le retour au travail. Un retour précipité au travail pourrait occasionner un échec de plus et briser encore plus le lien à l’action de la personne ou de la collectivité qu’on cherche à aider.

 

Conclusion : Supportons le pouvoir de l’apprentissage pour se libérer et encourager la participation dans nos coopératives d’habitation

Pour finir avec cette approche on pourrait s’inspirer de la formule utilisée plus haut : « Personne ne se libère seul. Personne ne libère personne. Nous nous libérons collectivement. » Ou si on veut simplifier encore plus, j’aime bien cette formule dont la source m’échappe : «Ne me libère pas je m’en charge ». Cette formule représente bien différentes luttes sociales qui ont été faites par différent groupe ou collectivité. Nous avons juste à penser aux luttes contre la ségrégation raciale aux É-U, des femmes, du travail ou encore la lutte pour les mal-logées. Ce sont des luttes où la collectivité développe leur pouvoir d’agir pour améliorer leur condition et renouer, comme disait Ricœur, avec l’humain capable.

La pédagogie de Freire et l’approche de Le Bossé trouvent écho dans les groupes d’éducation populaire en défense collective des droits, comme un Comité logement et aussi dans des coopératives d’habitation.

Dans un premier temps avec l’aide au locataire on apprend à connaître nos droits et de mieux comprendre le monde qui nous entoure. Ensuite grâce à la mobilisation politique et à la concertation, on cerne des problèmes qui touchent d’abord l’individu (hausse de loyer) et ensuite le collectif (gentrification). Ensuite, on passe à l’action pour améliorer cette situation qui nous dépasse et semble nous rendre impuissants. En effet, en prenant conscience de notre problématique, on peut ensuite passer à l’action et redevenir l’être humain capable de se battre! Donc de supporter le pouvoir d’action des personnes est primordial et non de leur dire quoi faire et comment le faire.

Dans un second temps, l’approche qui devrait être adoptée dans les coopératives, se basant sur ces modèles, est la suivante. D’abord s’informer pour bien comprendre sa coop. Ensuite au fur et à mesure que la personne, avec l’aide des autres membres de la coopérative, maitrise certaines tâches, ceci l’aide à développer son pouvoir d’agir tout en contribuant au développement du pouvoir d’agir de sa collectivité (coop). L’erreur à ne pas faire est de précipiter une personne (un-e membre) dans la tâche. On doit s’assurer qu’elle à la formation nécessaire et ne pas lui mettre trop de pression, car sinon cela peut nuire à l’action et nuire au développement du pouvoir d’agir de la personne comme membre de la coopérative (collectivité). Il faut apprendre à aller au rythme de la personne et non au rythme que la coop voudrait.

Pour finir, je voudrais seulement souligner que j’ai bien aimé travailler sur ce sujet. Étant une personne qui est bien impliquée socialement et aussi membre d’une nouvelle coopérative, j’ai eu parfois l’impression de me rencontrer moi-même et je pourrai mieux comprendre ce que je fais et ainsi mieux développé le pouvoir d’agir de ceux et celles qui m’entourent et de ma collectivité. Il est sûr que je vais continuer de me pencher sur le sujet. Surtout l’homme capable de Ricœur qui a suscité chez moi étonnamment. Je sais que j’ai plus développé l’approche de Le Bossé. Je crois qu’une explication réside dans le fait que Le Bossé est un de nos contemporains chercheurs dans une université québécoise.

 

Bibliographie

Livres :

Paulo Freire, 1982, Pédagogie des opprimés, suivi de, Conscientisation et révolution, Paris, Maspero

Yann Le Bossé, 2012, Sortir de l’impuissance : Invitation à soutenir le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités. Tome 1 : Aspects économiques. Éditions Ardis

Sites consultés :

Laboratoire de recherche sur le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (LADPA) de l’Université Laval, site : https://www.fse.ulaval.ca/ladpa/

Rencontre publique Yann Le Bossé, consultée le 2019-11-19 en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=f3dOEDL60P0. Cette rencontre a eu lieu le 28 septembre 2015 au Palais de la femme à Paris, et a été organisée par le collectif Pouvoir d’agir et la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France.

[1] Paulo Freire,1982, Pédagogie des opprimés suivi de Conscientisation et révolution, Paris: Maspero

[2] https://www.cairn.info/dans-les-coulisses-du-social–9782749212920-page-23.htm

Consulter le 2019-11-19

[3] https://www.youtube.com/watch?v=f3dOEDL60P0

consulté le 2019-11-19, cette rencontre a eu lieu le 28 septembre 2015 au Palais de la femme à Paris, et a été organisée par le collectif Pouvoir d’agiret la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France

 

Concours artistique pour les 45 ième du CLPMR!

Le Comité logement du Plateau Mont-Royal célèbre son 🎊45e anniversaire cette année 🎊 : 45 ans de luttes et de soutien aux locataires du quartier ! Pour souligner ce moment, le CLPMR lance un concours artistique et l’oeuvre gagnante sera l’inspiration du PROCHAIN CHANDAIL DU COMITÉ 🙂

Alors sortez vos crayons, appareil photo et plume 🖍🖌🎎🔨

Vous avez jusqu’au 4 mai pour nous faire parvenir votre chef-d’oeuvre

 clplateau@clpmr.com
4450 St-Hubert local 328
Montréal (Québec) H2J 2W9

Déclaration : Du logement social pour tous et toutes !

À l’occasion de la Journée internationale des migrants décrétée par les Nations unies et visant notamment à rappeler l’importance de protéger les droits des réfugiés et des migrants, FRAPRU lance une déclaration demandant au gouvernement québécois de revoir son règlement d’attribution des logements à loyer modique pour donner accès au logement social aux personnes qui ne détiennent pas la citoyenneté canadienne ou la résidence permanente. Il invite les organisations sociales alliées de divers horizons à la signer.

Déclaration

Dans un contexte où la pénurie de logements s’exacerbe dans plusieurs villes du Québec, il est très difficile de trouver un logement abordable. Il faut davantage de logements sociaux pour répondre aux besoins de toutes les personnes locataires au Québec.

Les personnes locataires ayant un statut migratoire irrégulier ou précaire (les personnes ayant un permis de travail, les demandeurs d’asile, les réfugié-e-s, les personnes sans statut, etc.) sont victimes de discrimination, car elles sont exclues du logement social.  En effet, l’état actuel du Règlement sur l’admissibilité aux logements à loyer modique exclut les personnes qui ne détiennent pas la citoyenneté canadienne et la résidence permanente.

Le droit au logement est fondamental pour assurer la jouissance de nombreux droits, dont ceux à la sécurité, à l’intégrité et à la vie privée, bref pour vivre dans la dignité.  De plus, les droits humains devraient être accessibles à toutes et tous sans exception.

En signant cette déclaration, nous prenons position en faveur de l’accès au logement social pour toutes et tous, peu importe le statut d’immigration, et ensemble nous disons non aux critères discriminatoires du règlement de la Société d’habitation du Québec.

Le droit au logement

 

Qui décide quand il est question de fournir un logement adéquat et abordable?

Jamais un mot d’ordre n’aura été si juste et pertinent que la revendication d’un logement adéquat et abordable pour tous les Canadiens et Canadiennes durant ces dernières élections. Cela fait trois semaines que l’élection est terminée et plusieurs ont pu constater qu’une sinistre farce s’était jouée sous leurs yeux. Nos préoccupations étaient absentes. Les attaques personnelles, les diversions et les promesses éhontées ont remplacé une discussion rationnelle avec la pleine participation de la population.

Dans ce système anachronique appelé démocratie, la majorité ne gouverne pas. On peut nous promettre mer et monde. On nous demande de comparer les programmes électoraux. On nous demande d’abandonner tout ce pourquoi nous luttons depuis si longtemps et de voter pour un de ces partis qui prétendra posséder un mandat en notre nom. De toute façon aucun de ces partis qui prétend nous représenter n’est redevable devant la population.

Partout au pays, les collectifs qui se battent pour affirmer le droit au logement formulent différentes propositions pour atteindre l’objectif d’un logement pour tous et toutes. En parlant en leur propre nom, ils garantissent que le droit au logement pour tous et toutes est à l’ordre du jour et que la discussion ne sera pas détournée par le chant des sirènes des partis cartellisés, des médias monopolisés et de leurs soi-disant experts.

Ce qu’il faut c’est un renouvellement en profondeur du processus politique pour que le peuple puisse prendre en main ses propres affaires. Ce qu’il faut surtout c’est avancer sur la base de notre propre ordre du jour.

Serge Lachapelle était le candidat marxiste-léniniste dans Laurier-Sainte-Marie.

 

 

5 à 7 Lancement de la Maison Ludivine Lachance !

En 2015, le gouvernement du Québec annonçait son intention de vendre l’ancienne Institution des Sourdes située sur la rue St-Denis. Dès lors, le CLPMR s’est mis en branle afin que ce lieu historique serve encore les intérêts de la population et ne soit pas transformé en condos, comme ce fut le cas de l’Institut des Sourds sur la rue St-Laurent.

À la suite d’une assemblée publique sur l’avenir du site en octobre 2017, le Comité logement du Plateau Mont-Royal, des membres de la communauté sourde et d’autres organismes communautaires du quartier ont formé un comité de travail pour développer un projet d’avenir sur le site. Nous visons à ce que ce site conserve sa vocation sociale, publique et communautaire, le développement de logements sociaux, des services pour les personnes sourdes ainsi que l’installation d’organismes communautaires répondant aux besoins du quartier.

Nous avons une vision commune avec la Ville de Montréal concernant le développement de ce site, ce qui est très positif pour l’avancement et la suite du projet.

Nous en sommes maintenant à une étape importante du projet : Le lancement officiel de notre futur OBNL qui se nomme la Maison Ludivine Lachance ! En effet, le comité de requérants a fait le choix du modèle d’OBNL pour le futur projet.

Nous organisons donc un 5 à 7 pour le lancement officiel de la Maison Ludivine Lachance. Le 5 à 7 aura lieu à l’AQÉPA Montréal Régional au 3700 Berri, le 20 novembre prochain.

 AU PROGRAMME :

Lancement de la Maison Ludivine Lachance

• Information sur le projet futur de l’ancienne Institution des Sourdes

• Petites bouchées et boissons