Présentation et historique

Le Comité logement du Plateau Mont-Royal (CLPMR) a pour mission la défense des droits des locataires et des mal-logé-e-s du Plateau Mont-Royal, la promotion du logement social (COOP, HLM et OSBL) comme une alternative au marché locatif privé et la mobilisation des locataires du quartier afin de faire avancer leurs droits. Sa riche histoire remonte à 1974.

Historique du CLPMR

1974 : Création du Comité logement Saint-Louis, aujourd’hui connu sous le nom du Comité logement du Plateau Mont-Royal. Le quartier est alors aux prises avec l’expansion du centre-ville et de ses conséquences: démolitions sauvages, incendies en grand nombre (300 par année), centaines de logements barricadés ou insalubres.

1978 : Le phénomène de la rénovation urbaine prend de l’ampleur. Les propriétaires sont subventionnés pour rénover des logements qu’ils ont volontairement, dans certains cas, laissés se détériorer. II s’en suit une véritable campagne pour la survie des quartiers populaires et le CLPMR participe et s’implique dans la création de deux regroupements:

  • Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) qui fait la promotion du logement social et qui lutte contre la pauvreté;
  • Le Regroupement pour le gel des loyers, aujourd’hui connu sous le nom du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) qui fait la promotion du droit au logement et qui soutient la défense des droits des locataires par l’information, la formation et la diffusion de contenu juridique, politique et social.

1980 : Au début des années 80, la crise économique frappe durement. On assiste alors à l’émergence d’un nouveau phénomène: la copropriété. De 1981 à 1986, 13 000 logements du quartier sont convertis en condominiums. Le CLPMR sonne l’alarme et organise avec la coalition Sauvons nos logements, une vaste campagne intitulée Mon logement n’est pas à vendre. À la suite des représentations et d’actions politiques, la législation est modifiée, les locataires sont mieux protégé-e-s et la conversion des immeubles locatifs en condo est contrôlée par un règlement municipal.

1987 : Le CLPMR fonde la Table de concertation sur le logement du Plateau Mont-Royal, en collaboration avec Atelier Habitation Montréal. Le CLPMR crée aussi la société acheteuse les Habitations communautaires Vie Urbaine qui vise à retirer des immeubles du marché spéculatif pour en faire des coopératives d’habitation. L’aventure a duré quelques années et a abouti au transfert du dernier immeuble à Inter-Loge en 2015.

1988 : Le CLPMR, par l’intermédiaire du RCLALQ, demande à la Ville de Montréal de créer un groupe de travail pour développer un règlement municipal qui assurerait une meilleure protection des locataires dans les immeubles qui sont rénovés avec l’aide des subventions gouvernementales.

1990 : Par son implication à la Table de concertation sur le logement du Plateau Mont-Royal, le CLPMR soutient la création du Comité relance en habitation, composé de députés fédéraux et provinciaux, de conseillers et conseillères municipaux et d’intervenant-e-s du milieu. Les représentants politiques s’engagent alors à réaliser 1 200 unités de logements sociaux sur le Plateau Mont-Royal.

1993 : Le CLPMR participe à la création d’Action Solidarité Grand Plateau (ASGP), la table de quartier regroupant plus de 40 organismes du quartier.

1994 : Le CLPMR s’implique activement dans l’aménagement du secteur du métro Mont-Royal sous le thème Place des poètes, afin de soutenir la vitalité du quartier et de l’avenue du Mont-Royal.

1996 : Le CLPMR soutient les voisins et voisines de la rue Mont-Royal pour freiner le développement des restaurants et des bars sur cette rue. La Ville de Montréal vote subséquemment un moratoire pour ne plus émettre de permis et propose un nouveau règlement visant à contrôler le nombre de restaurants sur cette avenue.

1997 : Le CLPMR s’implique avec les intervenant-e-s du milieu pour créer un groupe de travail qui prépare un plan d’aménagement pour les terrains qui longent la voie ferrée au sud du boulevard Rosemont. À la mi-mai, le Comité se voit confier par la Ville de Montréal la mise sur pied et la gestion d’Éco-quartier de Lorimier, un organisme voué à l’embellissement, la propreté, le recyclage et le réemploi. Ce mandat se terminera vers 2005.

1998 : Le CLPMR défraie la manchette en assumant le leadership d’une opposition des résident-e-s à la venue d’un magasin à grande surface (Loblaws) sur les terrains vacants du Canadien Pacifique longeant la voie ferrée. Par un blitz bien orchestré, le comité pilote la cueillette de 12,000 signatures sur une pétition dont l’impact est sans équivoque: les quatre candidats à la mairie de Montréal s’engagent par écrit à ne pas permettre la construction projetée.

1999 : Aboutissement de cinq années d’efforts soutenus, le Monastère des Religieux du Très-Saint-Sacrement se transforme en Centre des services communautaires du Monastère qui abrite désormais une douzaine d’organismes dont le CLPMR, qui y emménage au mois d’avril.

2000 : Le nouveau millénaire donne lieu à une analyse complète de l’organisme, de ses effectifs, des besoins actuels des locataires, de son membership et de la mobilisation des résidants et résidantes. Cette étude produit des recommandations pour restructurer l’organisme et adapter son fonctionnement et ses activités aux nouvelles réalités du quartier. L’assemblée générale du 22 juin entérine le plan proposé par le Conseil d’administration.

2001 : Montréal connaît une pénurie de logements locatifs, en particulier de logements bon marché. Pour faire face à cette crise du logement qui a laissé plusieurs familles sans logement le 1er juillet, le CLPMR met de l’avant, en collaboration avec Action Solidarité Grand Plateau, un plan d’action afin d’obtenir 500 logements sociaux pour l’arrondissement. Deux terrains sont ciblés: celui de la Voirie municipale Mentana et celui du garage de la STM.

2004 : Reconduction de la campagne « Mon logement, j’y suis, j’y reste » compte tenu du nouveau rôle d’évaluation de la Ville de Montréal qui a un impact sur les hausses de loyer. Cette année, 240 personnes ont participé aux ateliers collectifs sur la hausse de loyer. Les approche-milieu sont en hausse : le CLPMR soutient huit groupes de locataires ce qui représente environ 200 ménages locataires.

Au cours de la même année, le CLPMR recense 130 reprises de logements et constate que c’est une tendance lourde sur le territoire du Plateau Mont-Royal (400 reprises au cours des trois dernières années). Il demande un moratoire sur toute reprise de logement afin de préserver le droit au maintien dans les lieux des locataires les plus vulnérables.

2005 : 30e anniversaire du CLPMR qui est marqué par la gentrification accélérée du Plateau Mont-Royal. La construction ou la reconversion de logements en condos bat son plein et pour contrer le phénomène une pétition en faveur du logement social a été lancée  et plus de 10,000 signatures ont été obtenues.

2007 : Le Comité relance sa campagne Mon logement et mon quartier: J’y suis! J’y reste!  afin de promouvoir les enjeux du droit au logement dans le quartier ainsi que des solutions durables et permanentes : 1 000 logements sociaux pour les cinq années à venir, un contrôle obligatoire et universel des loyers, le dépôt des baux à la Régie du Logement et un moratoire sur les reprises de logements.

Au cours des sept dernières années, plus de 1200 locataires ont été aux prises avec ce phénomène qui vise particulièrement des locataires âgé-e-s de plus de 50 ans, résidant dans leur logement depuis un bon nombre d’années et dont le coût du loyer est très en dessous du prix du marché. Dans le contexte actuel et dans le cadre du processus de gentrification, le CLPMR arrive à la conclusion que les demandes de reprises cachent le désir des propriétaires d’augmenter substantiellement le coût du loyer.

2008 : Au mois de juin, avec le FRAPRU, le CLPMR participe à l’élaboration d’un camp d’une durée de trois jours qui rejoint  des personnes locataires, des militant-e-s et de personnes mal-logées lors des festivités du 400e de la Ville de Québec. Baptisé le camp des « 4 sans », parce qu’il veut porter le message des « sans le sou », des « sans toit », des « sans droit » et des « sans voix », son objectif n’est pas de s’opposer aux célébrations entourant la fondation de Québec, mais d’attirer l’attention sur une partie de l’histoire qui n’est pas terminée, celle du droit au logement.

2011 : En avril et à la suite des nombreuses pressions, le CLPMR, la CDC-ASGP et le GRT Ateliers habitation Montréal rencontrent officiellement Michael Applebaum, alors membre du conseil exécutif de Gérald Tremblay, et reçoivent la confirmation que l’immeuble Les Premières Lettres, le terrain de la Voirie municipale Marie-Anne et le terrain Villeneuve/Drolet leur sont réservés pour des projets de 150 unités de logement social. Une longue bataille se transforme ainsi en victoire pour le quartier, pour les locataires, pour les requérant-e-s et pour les intervenant-e-s du milieu!

2013 : Le CLPMR publie la brochure Plus le Plateau est IN, plus les locataires sont OUT qui fait le portrait de la gentrification du quartier. Parallèlement, il participe aux trois coalitions qui luttent pour garder le site de l’Hôpital Hôtel Dieu, dont on annonce la fermeture, dans le domaine public et pour y développer des logements sociaux.

2014 : Le CLPMR fête son 40e anniversaire dans le jardin des Sœurs Hospitalières de St-Joseph qui jouxte les stationnements de l’Hôpital Hôtel Dieu qui sont revendiqués pour la construction de logements sociaux.

2016 : Le Comité réalise une étude sur l’influence de l’hébergement touristique de type Airbnb sur le parc de logements locatifs. Les conclusions sont claires : l’hébergement touristique de type Airbnb réduit substantiellement le stock de logements locatifs, il contribue à la hausse des loyers, il crée divers troubles de voisinage dans les quartiers et il participe au phénomène de la gentrification. Une vaste campagne de sensibilisation au phénomène est entreprise auprès de la population et des acteurs politiques.

2017 : Une assemblée publique sur l’avenir du site de l’ancienne Institution des Sourdes est organisée par le CLPMR et mène à la mise sur pied d’un comité de travail avec la communauté sourde afin que ce site conserve une vocation sociale, publique et communautaire et qu’une partie du site soit destinée à du logement social, à des activités et des services par et pour la communauté sourde.

Parallèlement, le CLPMR lance une vaste campagne de sensibilisation et de prévention sur les punaises de lit, un fléau qui amène de plus en plus de locataires à nous consulter.

2018 : Participation à la Grande marche pour le droit au logement organisée par le FRAPRU et ses groupes membres. Militant-e-s, groupes alliés et salarié-e-s du CLPMR ont marché en tout ou en partie les 560 km reliant Ottawa et Québec.

2019 : Le taux d’éviction des locataires est très élevé sur le Plateau Mont-Royal. Près de 24% des services individuels que le CLPMR réalise ont pour sujet la reprise, l’éviction ou la reconversion du logement. On constate l’apparition d’un nouveau phénomène : la réno-éviction qui se situe entre l’éviction pour agrandissement ou subdivision et les réparations majeures. Les propriétaires mêlent les cartes afin de se débarrasser des locataires qui, selon eux, ne paient pas un loyer assez cher. Le CLPMR décide de mener une recherche-action avec des locataires évincés.

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