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Respecter le droit au logement des aînés ou encourager la convoitise des spéculateurs, à l’Assemblée nationale de choisir sa priorité!

Le CLPMR a appuyé le projet de loi 492 de Québec solidaire, qui demande un changement de loi au niveau de l’éviction des personne âgées. Le projet demande l’interdiction d’évincer une personne âgée pour un reprise de logement ou une éviction, à moins que le propriétaire peut trouver un logement équivalent, à un prix similaire, avant d’évincer une personne âgée à faible revenu ou handicapée. msn site down Le nouveau logement devra se trouver dans un rayon de 7 kilomètres, ou de 5 kilomètres sur l’île de Montréal.

Le CLPMR croit que c’est un pas dans une bonne direction, bien qu’il se positionne contre toutes les évictions. Cependant, ayant accompagné une locataire de 76 ans qui a été récemment évincée de son logement, loin de son quartier et des ses habitudes de vie, le Comité logement est conscient du déracinement et du choc que ses évictions peuvent causer aux aînéEs, trop souvent vulnérables et à faible revenu.

Nous vous invitons à consulter notre mémoire déposé à l’Assemblée Nationale ici:

http://clpmr.com/wp-content/uploads/2015/09/CLPMR-Mémoire-sur-le-projet-de-loi-492.pdf

Bonne lecture!

Une septuagénaire poussée à la rue par la Régie du logement

Communiqué de presse

Pour diffusion immédiate

 

Une septuagénaire poussée à la rue par la Régie du logement

Montréal, le 25 août 2015 – Le Comité logement du Plateau Mont-

Royal, en compagnie du député Amir Khadir, dénonce aujourd’hui le court délai qui a été alloué à Lilianne Dufour, 76 ans, pour se trouver un nouveau logement. La septuagénaire avait contesté l’avis d’éviction que lui avait envoyé son propriétaire qui souhaitait faire des travaux d’agrandissement à son logement.

Le Comité logement réagit ainsi à la décision du régisseur, Éric Luc Moffatt, qui a donné 23 jours à Madame Dufour pour se trouver un nouveau logis, et ce, après la période des déménagements et dans un contexte de pénurie de logements à Montréal. Madame Dufour habitait dans son logis depuis 14 ans. Pour obtenir un logement d’urgence de la Ville de Montréal, elle aurait dû passer quelques jours «sans toit», et aller habiter dans une ressource d’hébergement pour femmes itinérantes. «Il faut changer les règles, dit Lilianne Dufour, il y a une faille dans la Loi de la Régie du logement. C’est très stressant de se trouver quelque chose en si peu de temps. Pour éviter de me retrouver à la rue, j’ai signé un bail hier après-midi pour un logement plus petit, plus cher et loin du Plateau Mont-Royal où habite une bonne partie de ma famille.»

Au-delà  du  délai, le Comité logement du Plateau Mont-Royal déplore la facilité avec laquelle les propriétaires peuvent évincer les locataires. «Ils invoquent souvent des motifs de reprise ou d’éviction autorisés par la loi, comme des travaux d’agrandissement. La Régie du logement leurs donne carrément le feu vert pour se débarrasser des locataires de longue date, en contournant leur droit au maintien dans les lieux et les mécanismes de contrôle des loyers», affirme Vicky Langevin, organisatrice communautaire. «Dans ce cas-ci, ajoute-t-elle, le propriétaire n’avait même pas obtenu les permis de l’arrondissement. Pire encore, un logement du même immeuble a été mis en location sur Airbnb, suite au départ volontaire des locataires ayant reçu le même avis d’éviction.»

Il est aberrant que la Régie du logement permette d’expulser aussi facilement des locataires qui habitent leur logement depuis de nombreuses années au nom du droit au profit des propriétaires!, déclare Isabelle Monast-Landriault, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ). Notre organisme demande l’interdiction de toute éviction à cause des sérieux préjudices subis par les locataires évincés.»

Information: Vicky Langevin, Comité logement du Plateau Mont-Royal 514 527 3495

Source de l’image: Journal Le Plateau

Le droit au logement doit être au coeur de la prochaine élection fédérale

Au lendemain du 1er juillet, jour de déménagement, au moins une vingtaine de ménages demeurent sans logement au Québec, dont une dizaine à Gatineau, 7 à Sherbrooke et trois à Montréal. Parmi ces ménages, six sont hébergés par leur municipalité à Gatineau, trois à Montréal, dont une famille avec cinq enfants, et une à Sherbrooke.

Près de 180 ménages ont, au total, fait appel à l’aide d’un office municipal d’habitation ou d’un organisme communautaire afin de se trouver un toit, dont 68 à Gatineau, une cinquantaine à Sherbrooke, 32 à Québec, 23 à Montréal, une à Val-d’Or et une autre à Rimouski.

Les statistiques révèlent que la construction de logements locatifs demeure faible au Québec. En moyenne, 7798 logements locatifs ont été mis en chantier annuellement entre 2010 à 2014. C’est 18 % de moins qu’au cours des cinq années antérieures. Pendant ce temps, la construction d’unités de condominiums a progressé de 39 % pour atteindre une moyenne de 14 021 par an depuis le début de la décennie.

Sur l’Île de Montréal la construction annuelle de logements locatifs a connu une diminution de 149 % entre les périodes 2005-2009 et 2010-2014.  « La situation est pire que pire depuis le début de 2015, souligne le coordonnateur du FRAPRU François Saillant, puisqu’à peine 36 logements locatifs privés ont été mis en chantier entre janvier et la fin mai sur l’Île de Montréal. Même si la construction de condominiums a elle aussi diminué, elle s’est tout de même chiffré à 1021. C’est 28 fois plus! ».

L’abondance de condominiums a provoqué l’expansion d’un phénomène jusque là marginal, soit leur mise en location: « À l’automne 2014, 12 511 unités de condominiums étaient en location à Montréal. C’est  97 % de plus qu’en 2009 ». Le même phénomène se vit dans la région de Québec où le nombre d’unités de condominiums offertes en location a augmenté de 94 % en cinq ans pour atteindre 3142 en 2014. M. Saillant avoue que la location de condos contribue à la hausse des taux de logements inoccupés, mais il s’empresse d’ajouter qu’elle n’améliore en rien l’offre d’appartements abordables : «  Avec des loyers mensuels de 1293 $ à Montréal et de 1038 $ à Québec, on est en train de créer un marché du logement parallèle qui exclut carrément les ménages les moins nantis ».

L’avenir du logement social

Au cours des dernières années, le logement social a joué un rôle de premier plan dans l’augmentation de l’offre de nouveaux appartements. En 2014, il a compté pour 19 % de l’ensemble des mises en chantier de logements locatifs du Québec. Dans la communauté métropolitaine de Montréal, ce pourcentage a été de 31% au cours des dix dernières années. Il s’agit pour l’essentiel des seuls nouveaux logements locatifs qui aient été réellement accessibles financièrement aux ménages à plus faible revenu.

Malgré cela dans son dernier budget, le gouvernement Couillard a coupé de moitié le nombre de logements sociaux financés annuellement avec le programme AccèsLogis, le faisant passer de 3000 à 1500. Cette décision choque Marie-José Corriveau, organisatrice au FRAPRU : « Il est carrément impossible qu’avec un si petit nombre de constructions, le logement social parvienne à jouer un aussi grand rôle qu’il ne l’a fait pour équilibrer l’offre de logements abordables ». Quant aux 5800 unités de supplément au loyer privé que le gouvernement s’est engagé à financer au cours des cinq prochaines années pour remplacer la perte de logements sociaux, elle estime qu’ils ne joueront pas le même rôle: « Les suppléments au loyer privés ne permettent pas de réaliser de nouveaux logements locatifs là où le privé a abandonné ce rôle. Ils n’améliorent pas davantage la qualité des logements existants ».

De plus mentionnons que toute une série de coupes opérées dans les derniers mois par le gouvernement Couillard et qui ont pour effet de paralyser la réalisation des logements sociaux dont le financement a pourtant déjà été confirmé. Sur l’Île de Montréal, à peine 20 logements coopératifs ont été mis en chantier de janvier à la fin mai 2015, alors que ce nombre était de 296 à pareille date en 2014. À Québec, plusieurs centaines de logements sociaux tardent aussi à se réaliser. Dans d’autres régions comme l’Abitibi et le Saguenay, les groupes communautaires doivent faire des pieds et des mains pour trouver le financement manquant suite aux coupes gouvernementales.

Pour sa part, le gouvernement fédéral est en train de se retirer du financement qu’il accorde depuis des décennies à 125 500 logements sociaux au Québec. Dès 2015, 5200 de ces logements ne recevront plus un sou d’Ottawa. D’ci la fin de 2019, ce nombre dépassera les 26 000. « C’est l’accessibilité financière de ces logements pour les ménages à plus faible revenu qui est compromis par le retrait fédéral », précise Mme Corriveau, en ajoutant que le Parti conservateur de Stephen Harper continue à se montrer insensible à ce problème. À quelques semaines du déclenchement des élections, le chef du Parti libéral, Justin Trudeau se montre quant à lui totalement silencieux à ce sujet.

Ce nouveau bilan démontre encore une fois que le marché privé ne peut garantir le droit au logement. Ce droit ne peut-être pleinement garanti que par l’intervention de l’État. Pour les prochaines élections, il faut s’assurer de débarquer Harper. Il faut mettre un terme à l’arrogance d’un gouvernement majoritaire et élire un gouvernement minoritaire qui permettra à la population de mettre de la pression pour que ses revendications soient prises en compte.

Le droit au logement doit être au coeur de la prochaine élection fédérale !

Par Serge Lachapelle

 

Les actions contre les mesures d’austérité prennent de l’ampleur

Depuis le dépôt du budget Leitao, les actions contre les mesures d’austérité prennent de l’ampleur. La population et les différents collectifs refusent d’accepter le fait accompli.

Alors qu’il présentait son budget le 30 mars à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le ministre des Finances Carlos Leitão était attendu par un bruyant comité d’accueil organisé par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics (Coalition Main rouge). Alors qu’une trentaine de manifestants perturbait la tenue de la conférence pendant plus d’une vingtaine de minutes avec de nombreux slogans contre les mesures d’austérité une centaine d’autres faisait de même à l’extérieur. La Coalition Main rouge n’accepte pas la poursuite des mesures d’austérité annoncées dans le budget 2015-2016 et affirme qu’il aurait pu faire autrement. Elle dénonce le fait que l’austérité se traduira pour une deuxième année par de sévères compressions dans les services publics et dans divers programmes sociaux, alors que le gouvernement se prive de revenus notamment en annonçant des baisses d’impôts aux entreprises.

Ils ont également  dénoncé les conséquences dramatiques qui découleront d’un deuxième budget d’austérité, qui affaiblira selon eux le filet social québécois. La forte limitation de la croissance des dépenses de programmes aura un impact dramatique souligne-t-il, alors que les différents ministères et organismes sont déjà aux prises avec les compressions imposées dans le précédent budget. En plus de freiner la réalisation de droit humains fondamentaux comme celui à un revenu décent, les choix du gouvernement libéral limiteront encore plus le bien commun et nuiront grandement à l’atteinte de l’égalité entre les hommes et les femmes mentionne la coalition mentionne-t-il.

La hausse des dépenses de programmes limitée à 1,4% en santé, deux fois moins importante que l’an dernier et plus de trois fois moins que le taux nécessaire pour combler l’augmentation des coûts de système, suscite des craintes dans le milieu de la santé et des services sociaux. « Ces compressions signifient un énorme manque à gagner de 1 milliard de dollars pour la prochaine année, cela se traduira assurément par des nouvelles coupes qui affecteront directement la population »,a affirmé Nadine Lambert, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN (FSSS).

Une personne en situation de handicap a illustré le genre de mesures essentielles à l’autonomie coupées par les Centre de santé et de services sociaux (CSSS), notamment dans les services à domicile. « Alors que la majorité des personnes en situation de handicap vivent dans la pauvreté, le gouvernement libéral va mettre fin à la gratuité de l’aide au repas. Ces coupes appauvrissent davantage et ne permettent pas à ces personnes de répondre à leurs besoins fondamentaux ! », s’est insurgé Pierre-Yves Lévesque, directeur général d’Ex Aequo.

En éducation, la hausse prévue des dépenses de programmes de 0,2% se traduira par des coupures de plusieurs millions de dollars et ce, dans le réseau qui a connu des annonces successives similaires au cours des derniers mois. « Nous faisons face aux pires compressions en éducation depuis 20 ans. Il s’agit d’un véritable affront à l’ensemble des étudiantes et étudiants en grève et au milieu de l’éducation » a dénoncé Camille Godbout de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), en promettant la poursuite de la mobilisation face à ces attaques. La Coalition Main rouge appuie d’ailleurs la manifestation nationale du 2 avril prochain organisée par l’ASSÉ, et annonce que les groupes sociaux y seront présents.

La Coalition Main rouge dénonce également l’abandon de la lutte à la pauvreté et craint la privatisation de plusieurs programmes sociaux. Les coupes de 50% au développement du logement social en sont un bon exemple pour François Saillant, coordonnateur FRAPRU. « Le budget Leitão a coupé 1500 logements sociaux pour les remplacer par une forme d’aide passant essentiellement par le marché privé.  À terme,  cela aidera moins de personnes et le fera moins bien » affirme-t-il.

La Coalition Main rouge s’explique mal que le gouvernement se prive encore de nouveaux revenus alors que les voix se sont multipliées tout l’automne pour revendiquer une plus grande contribution des entreprises et des plus riches aux finances publiques. Plusieurs mesures fiscales portées par des dizaines de groupes et d’économistes sont absentes du budget, comme le retour de la taxe sur le capital, l’augmentation du nombre de paliers d’imposition des particuliers afin d’aller chercher davantage de revenus chez les plus riches, et l’introduction d’un régime public d’assurance-médicaments. « La seule explication, c’est que le gouvernement ne sert pas les intérêts de la population, mais ceux du milieu des affaires »a affirmé Véronique Laflamme, co-porte-parole de la Coalition Main rouge. « Pire encore, alors que l’équilibre budgétaire n’est pas atteint et qu’il continue de sabrer dans le filet social, le gouvernement a le culot d’annoncer des baisses d’impôts aux entreprises » a-t-elle conclut en soulignant que c’est ce type de mesures qui a fait en sorte que les finances publiques semblent actuellement être en crise.

Par Serge Lachapelle